jeudi 26 janvier 2017
Instruments de vol
Il voulait dire le compas.
- Les instruments peuvent se détraquer, disait-il. Si tu ne peux pas piloter sans badin, sans altimètre, sans indicateur de virage et d'inclinaison, ça veut dire que tu ne sais pas piloter. Tu es comme quelqu'un qui ne sait ce qu'il pense qu'après avoir lu son journal. Mais tu n'as pas besoin de te méfier du compas - ton jugement ne sera jamais plus exact que celui de l'aiguille. Elle te dira où tu dois aller, et pour le reste c'est à toi de te débrouiller."
(Beryl Markham, Vers l'Ouest avec la nuit)
Quand sera terminée l'ère des grands pilotes
Un jour, les hommes connaîtront les étoiles aussi bien que les bornes, les virages et les mouvements de terrain de la route qui mène chez eux; un jour nous nous déplacerons dans les airs comme dans notre milieu naturel. Mais alors on ne saura plus piloter; il n'y aura plus que des passagers dans des machines dirigées par des super-contrôleurs, soigneusement formés pour pouvoir distinguer des boutons étiquetés et pour lesquels la connaissance du ciel, du vent, des intempéries n'aura pas plus d'intérêt qu'un roman de science-fiction. Et on se rappellera les jours de la marine à voile, et les gens se demanderont si le terme voilier s'applique aux pionniers de la mer ou à ceux du ciel."
(Beryl Markham, Vers l'Ouest avec la nuit)
Naissance d'une vie de pilote
(Beryl Markham, Vers l'Ouest avec la nuit)
lundi 28 novembre 2016
Pilote professionnel
(Beryl Markham, Vers l'Ouest avec la nuit)
vendredi 5 août 2016
Envol
"Quatre semaines presque jour pour jour après l'accident de Denys, Tom et moi nous posions comme une fleur sur le terrain de l'aérodrome à l'issue d'un bref vol. Le Moth roula sur la piste en soulevant des nuages de poussière rouge. Une fois à l'arrêt, au lieu de couper le moteur, Tom se mit debout sur l'aile et cria pour se faire entendre malgré le vacarme de l'hélice.
- Tu veux prendre les commandes toute seule, Beryl?
- Maintenant?
Il opina.
- Tu montes à quatre cents mètres et tu redescends tout de suite... Tout en douceur.
Tout en douceur... Il aurait fallu dire cela à mon coeur. Serais-je capable d'appliquer tout ce que Tom m'avait enseigné au cours des derniers mois? Allais-je parvenir à calmer mes pensées qui fusaient dans tous les sens, assaillies par des visions de tout ce qui risquait de se détraquer? Un seul incident avait suffit à rafler la vie de Denys, un incident qui demeurait une énigme.
Je mis une sourdine à mes craintes et levai les pouces en réponse à Tom. Ruta sortit du hangar et se tint à côté de Tom. Je leur adressai à tous les deux un grand signe de la main puis fit rouler le Moth jusqu'au bout de l'étroite piste et tournai son nez face au vent chaud de la plaine.
"N'oublies pas de mettre les gaz à fond, entendis-je Tom dire dans ma tête. Il te faut de la vitesse par cette chaleur, sinon tu vas décrocher." Ruta leva la main une fois. Kwaheri. Au revoir.
Poussant le moteur à fond, la gorge serrée, toutes les fibres de mon corps frémissantes, j'attendis le dernier moment avant de tirer le manche. Le Moth grimpa sec au-dessus du terrain en oscillant puis se redressa, trouvant le vent et son propre centre de gravité. Derrière moi je sentais la présence de Tom et Ruta, et aussi celle de Denys. Devant moi se déployait un monde qui s'ouvrait à mesure sous la pression de mes ailes puissantes.
J'étais en vol.
(Paula McLain, L'aviatrice)