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jeudi 26 janvier 2017

Les voyages forment...

"Quelqu'un a dit un jour, affichant un cynisme facile: "Les voyages déforment la jeunesse." Mais certains voyages m'ont formée.
Grâce à eux, j'ai appris que quand on quitte un lieu où on a vécu, que l'on a aimé, où tout votre passé est ancré, il ne faut surtout pas le quitter lentement, il faut en partir aussi vite que possible. Il ne faut pas se retourner, il ne faut pas croire que les heures qui revivent dans votre mémoire sont meilleures parce qu'elles appartiennent à une époque révolue. On se sent en sécurité dans le passé, on l'a surmonté, alors que l'avenir est enveloppé d'un nuage qui de loin paraît terrifiant. Le nuage s'éclaircit quand on y pénètre. Voilà ce que j'ai appris, comme tout un chacun, mais je l'ai appris tard."

(Beryl Markham, Vers l'Ouest avec la nuit)

mercredi 9 octobre 2013

Voyage, voyage

"Le vrai voyage, ce n'est pas de chercher de nouveaux paysages mais un nouveau regard." (Marcel Proust)

jeudi 13 septembre 2012

La platitude de l'un sera l'émerveillement de l'autre

"Même à Venise, le défi du quotidien se pose et cela existe, un Vénitien au fil des jours ou un Romain qui meurt d'ennui. Cela existe aussi, un Parisien qui trouve le temps de Paris trop gris, la ville trop animée, le métro trop odorant, et ainsi de suite. Le Vénitien partira en Chine, le Parisien à l'autre bout du monde, pour fuir la platitude d'un lieu ou d'autres viendront pour se changer les idées. Où l'on voit que la platitude de l'un sera l'émerveillement de l'autre. Tout est relatif à ce que l'on fuit. Ce que nous ne voyons plus, ce que nous ne voyons pas, ne peut nous émouvoir. La platitude, nous la fuyons comme si la fuite était possible. Alors qu'il est clair que la fuite est impossible. Ce qu'il nous est possible de conserver, de cultiver, c'est notre sens de l'émerveillement. Alors, le goût de fuir s'estompe, quand tout nous émeut dans l'apparente insignifiance des choses. Je regarde passer les avions, les camions, les autobus, les bateaux, je regarde pousser les arbres, voler les oiseaux, je regarde les nuages, les gens, les moindres animaux, même le loup commun. Pas besoin d'un panda dans ma mire pour faire ma journée. Pas besoin de Capri pour mourir. Je ne viendrai jamais à bout d'épuiser la richesse des merveilles de ma propre cour." (Serge Bouchard, C'était au temps des mammouths laineux)

mercredi 12 septembre 2012

"Nos cartes géographiques sont essentiellement touristiques et notre vision du monde est journalistique. Chacun connaît son Mexique, à travers des sites mythiques de farniente, de repos, d'hôtels, de soleil, de plage. Les plus perspicaces d'entre nous pousseront l'intérêt jusqu'aux trésors précolombiens; il n'y a rien comme une pyramide pour vous remonter la cote d'un site. La nouvelle carte mondiale est une carte de crédit, nous voulons tous nous payer une dose de "dé-pays", cela est en somme un forfait. Chacun sait que le monde souffre, par la guerre, les horreurs, les catastrophes naturelles et la pauvreté scandaleuse. Les chefs d'antenne se pressent sur les lieux des drames afin que nous ayons le sentiment de nous rapprocher de la souffrance. Il faut bien que diffuseur diffuse. Nous sommes devenus les globe-trotters d'une terre achalandée, les nouveaux explorateurs d'un monde archi-connu. Oui, chacun est la vedette de son propre cliché, sur fond de photos et de vidéos. Nous sommes les légendes instantanées d'un grand album Internet qui nous permet de montrer notre face à l'écran. Nous faisons la file au pied du Kilimandjaro et des allers-retours en Thaïlande, sans autre effort que le transport de nos valises dans les corridors de l'aéroport. Mais où s'en vont les reportages personnels, les twitters, les "chats", les Facebook de nos tribulations modernes, les milliards de photos numériques de nous-mêmes? Nous sommes devenus des petits "moi" chronophobes rebondissant en jet aux quatre coins de la planète. Mais que savons-nous du sol que nous foulons? Nous souvenons-nous qu'il n'est qu'un seul voyage, celui de notre vie, et que ce voyage-là n'est pas une partie de plaisir, surtout vers la fin?" (Serge Bouchard, C'était au temps des mammouths laineux)

jeudi 31 décembre 2009

"Pourquoi voyager? Je fais dix mètres dehors et je suis envahi de visions, submergé: je ne marche pas sous le ciel mais au fond de lui, avec sur mon crâne des tonnes de bleu. Je suffoque de tant respirer, rassasié d'air et de lumière. En dix secondes j'ai fait une promenade de dix siècles. La vie a une densité explosive. Un minuscule caillou contient tous les royaumes."

(Christian Bobin, Les ruines du ciel)

mercredi 1 juillet 2009

On the road

"Le ciel est haut, le monde est vaste, le temps vient juste de commencer et le siècle est au plus beau. Partons en quête de l'infinie beauté."

(Antonine Maillet, Le Mystérieux Voyage de Rien)