jeudi 9 février 2006

"Et Job me fut conté..."

"Méritons-nous les maux dont nous souffrons ? Cette question-là est hors sujet. Il n'y a pas davantage de finalité à la souffrance. Elle n'est là ni pour réparer ni pour préparer. Elle est. Camus aurait pu écrire le Livre de Job. À la fin de la parabole, Job, comme Sisyphe, apprend à vivre l'absurde. Ni révolte contre un présent qui trahirait le passé, ni résignation à un destin inéluctable, mais acceptation d'un présent qui ne témoigne ni du passé ni de l'avenir, qui ne témoigne que de lui-même. Ma liberté d'homme est bien là dans l'acceptation de cette maladie, fait présent non entièrement déterminé par le passé et non entièrement déterminant du futur."

(Michel Robert, ...et les bras m'en sont tombés...)

dimanche 5 février 2006

Possédés par nos possessions

"Nous avons peur de cesser d'exister, de cesser d'exister physiquement et d'être séparés des choses que nous avons possédés, acquises à force de travail, dont nous avons fait l'expérience - la femme, le mari, la maison, les meubles, le petit jardin, les livres, et les poèmes que nous avons écrits ou espérions écrire. Nous avons peur d'abandonner tout cela parce que nous sommes le mobilier, nous sommes le tableau que nous possédons; si nous sommes doués pour le violon, nous sommes le violon. Car nous nous sommes identifiés à ces objets - et nous ne sommes plus rien d'autre qu'eux. Avez-vous jamais vu les choses sous cet angle ? Vous êtes la maison - avec ses volets, et la chambre, les meubles que vous avez amoureusement encaustiqués pendant des années, et qui vous appartiennent - voilà ce que vous êtes. Si on vous ôte tout cela, vous n'êtes rien."

(Krishnamurti)

vendredi 3 février 2006

Chronique d'une mort annoncée

"Elle a entrepris de faire le ménage dans les boîtes remplies de photos, de papiers et de souvenirs qu'elle conserve au fond de sa garde-robe. Elle prend beaucoup de plaisir à mettre ainsi de l'ordre dans sa vie. Mais toutes les choses qu'elle met à la poubelle sont autant de fragments de son existence qui se détachent d'elle, de morceaux de vie qui s'en vont. Dans chacun de ses gestes, je la vois mourir."

(Pierre Monette, Dernier automne)

jeudi 2 février 2006

Être altruiste ou ne pas être altruiste ?

" C'est toujours le moment de faire quelque chose de bien."

(Martin Luther King, J.R.)

mercredi 25 janvier 2006

Une partie de l'Océan

"C'est l'histoire d'une petite vague qui va clapotant sur l'océan, s'amusant comme une folle. Heureuse dans le vent et le grand air, jusqu'à ce qu'elle aperçoive les autres vagues devant elle qui s'écrasent contre le rivage.
"Mon Dieu ! C'est affreux, dit la vague, qu'est-ce qui va m'arriver ?
"Ensuite, arrive une autre vague. Elle voit la mine sombre de la première vague et lui demande : "Pourquoi as-tu l'air si triste ?" La première vague répond : "Tu ne comprends donc pas ! Nous allons toutes nous écraser ! Nous allons toutes disparaître ! C'est affreux."
"La deuxième vague lui dit : "Non, c'est toi qui ne comprends pas. Tu n'es pas une vague, tu es une partie de l'océan."

Inspire, expire, inspire, expire...

(Mitch Albom, La dernière leçon)

mardi 24 janvier 2006

La Job de Dieu

"Vous vous souvenez du Livre de Job ?
"Dans la Bible ?"
Oui. Job est un juste, mais Dieu le fait souffrir. Pour mettre sa foi à l'épreuve.
"Je me souviens."
Il lui enlève tout ce qu'il possède, sa maison, son argent, sa famille...
"Sa santé."
Il lui envoie une maladie.
"Pour mettre sa foi à l'épreuve."
Oui. Pour la mettre à l'épreuve. Je me demande donc...
"Tu te demandes quoi ?"
Ce que vous en pensez.
Morrie tousse violemment. Ses mains tremblent alors qu'il les laisse tomber sur le côté.
"Je pense, dit-il en souriant, que Dieu en a fait un peu trop."

(Mitch Albom, La dernière leçon)

La famille humaine

"Au début de la vie, quand nous sommes encore tout-petits, nous avons besoin des autres pour survivre, non ? À la fin de la vie, quand on devient comme je le suis, on a aussi besoin des autres pour survivre, d'accord ?"
Baissant le ton jusqu'à chuchoter :
"Je vais te dire un secret : entre les deux, on a aussi besoin des autres."

(Mitch Albom, La dernière leçon)