III
"O noir noir noir. Tous s'en vont dans le noir,
Dans les vides espaces interstellaires, dans le vide au-dedans du
vide,
Les capitaines, les négociants, les hommes de lettres éminents,
Les généreux protecteurs des arts, les hommes d'État, les gouverneurs,
Les fonctionnaires distingués, les présidents de comités,
Les magnats, les entrepreneurs, tous, ils s'en vont dans le noir,
Et noirs le soleil et la lune, noir l'Almanach de Gotha
Noirs la Gazette de la Bourse et l'Annuaire des Directeurs,
Et froid le sens, perdu le mobile de l'action ?
Et nous tous entrons avec eux dans le silence funéraire -
Les funérailles de personne, car il n'y a personne à enterrer.
J'ai dit à mon âme : "Tiens-toi tranquille et que l'obscur tombe
sur toi
Qui est l'obscurité de Dieu". Tout de même que, dans un théâtre,
On éteint les lumières pour changer les décors
Avec un roulement caverneux de coulisses, avec un mouvement
de l'obscur sur l'obscur,
Et nous avons que les collines et les arbres, le panorama éloigné
Et la fière façade imposante sont tous en train d'être emportés -
Ou comme, lorsqu'un train souterrain, dans le métro, s'arrête
trop lontemps entre deux stations
Et que les conversations s'élèvent pour retomber lentement dans
le silence
Vous voyez derrière chaque visage s'approfondir le vide mental
Qui ne laisse que la terreur croissante de n'avoir rien à quoi
penser;
Ou lorsque l'esprit sous l'éther est conscient, mais conscient
de rien -
J'ai dit à mon âme : "Tiens-toi tranquille et attends sans espérance
Car l'espérance serait l'espérance fourvoyée; attends sans amour
Car l'amour serait l'amour fourvoyé; il y a encore la foi
Mais foi, amour et espérance sont tous contenus dans l'attente.
Attends sans penser, car tu n'es pas prête à penser :
Ainsi l'obscur sera lumière ; le repos danse."
Murmures d'eaux vives, éclairs d'hiver;
Le thym sauvage inaperçu, la fraise des bois,
Les rires au jardin, extase réverbérée
Non point perdue, mais requérant, mais s'efforçant vers l'agonie
De la mort et de la naissance.
Vous allez dire que je répète
Quelque chose que j'ai déjà dit. Je le redirai.
Le redirai-je ? Pour en arriver là,
Pour arriver là où vous êtes, pour partir d'où vous n'êtes pas,
Vous devez passer par une voie où il n'est pas d'extase.
Pour arriver à ce que vous ne savez pas
Vous devez passer par une voie qui est la voie de l'ignorance.
Pour posséder ce que vous ne possédez pas
Vous devez passer par la voie de la dépossession.
Pour arriver à ce que vous n'êtes pas
Vous devez passer par la voie dans laquelle vous n'êtes pas.
Et ce que vous ne savez pas est la seule chose que vous sachiez
Et ce que vous possédez est ce que vous ne possédez pas
Et là où vous êtes est là où vous n'êtes pas."
(T.S. Eliot, Quatre Quatuors - East Coker)
dimanche 2 avril 2006
samedi 1 avril 2006
"Chaque moment est une neuve et bouleversante évaluation de tout ce que nous fûmes"
II
"Que fait donc ce tardif Novembre
Avec son trouble printanier
Ses créatures de l'été,
Ses perce-neige que le pied broie
Ses passeroses qui visent trop haut
Rouges sur gris, et dégringolent
Ses roses tardives qu'emplit la neige ?
Roulant aux astres, le tonnerre
Simule les chars de triomphe
Déployés en arrois stellaires
Le Scorpion combat le Soleil
Qui décline ainsi que la Lune
Comètes pleurent, Léonides volent
Tous vont chassant par cieux et plaines
Pris au vortex qui commettra
Le monde à ce feu destructeur
Dont l'action précède le règne
De la calotte glaciaire.
C'était une façon de dire les choses - mais pas très satisfaisante :
Une étude périphrastique sur un mode poétique désuet,
Vous laissant toujours en proie à l'intolérable lutte
Avec les mots et les sens. La poésie n'importe point.
Ce n'était pas (pour recommencer) ce que l'on avait escompté.
Quelle allait être la valeur du calme longtemps attendu,
Longuement espéré, la sérénité automnale
Et la sagesse de l'âge ? Nous avaient-ils leurrés
Ou s'étaient-ils leurrés eux-mêmes, les aînés à la voix tranquille ?
Nous avaient-ils légué simplement une recette de duperie ?
La sérénité n'était-elle qu'hébétude délibérée,
La sagesse que la connaissance de secrets morts
Inutiles dans la ténèbre où ils plongeaient
Ou dont ils détournaient les yeux ? Il n'y a, à ce qu'il nous semble,
Au mieux, qu'une valeur limitée
Dans le savoir dérivant de l'expérience.
Le savoir impose un motif, et falsifie.
Car le motif se renouvelle à chaque moment
Chaque moment est une neuve et bouleversante
Évaluation de tout ce que nous fûmes. Nous sommes seulement
détrompés
De tout ce qui, en nous trompant, ne pourrait plus nous nuire.
Étant à mi-chemin, pas seulement à mi-chemin,
Tout le long du chemin, dans un bois noir, dans la ronceraie,
Sur le bord d'un bourbier où le pied ne peut s'assurer
Menacés par des monstres, des lueurs fantastiques,
Risquant l'ensorcellement. Que je n'entende pas parler
De la sagesse des vieillards, mais bien plutôt de leur folie,
De leur crainte de la crainte et de la frénésie, de leur crainte
d'être possédés,
D'appartenir à un autre, à d'autres, à Dieu.
La seule sagesse que nous puissions espérer acquérir
Est la sagesse de l'humilité; car l'humilité est sans bornes.
Les maisons s'en sont allées toutes sous la mer.
Les danseurs s'en sont tous allés sous la colline."
(T.S. Eliot, Quatre Quatuors - East Coker)
"Que fait donc ce tardif Novembre
Avec son trouble printanier
Ses créatures de l'été,
Ses perce-neige que le pied broie
Ses passeroses qui visent trop haut
Rouges sur gris, et dégringolent
Ses roses tardives qu'emplit la neige ?
Roulant aux astres, le tonnerre
Simule les chars de triomphe
Déployés en arrois stellaires
Le Scorpion combat le Soleil
Qui décline ainsi que la Lune
Comètes pleurent, Léonides volent
Tous vont chassant par cieux et plaines
Pris au vortex qui commettra
Le monde à ce feu destructeur
Dont l'action précède le règne
De la calotte glaciaire.
C'était une façon de dire les choses - mais pas très satisfaisante :
Une étude périphrastique sur un mode poétique désuet,
Vous laissant toujours en proie à l'intolérable lutte
Avec les mots et les sens. La poésie n'importe point.
Ce n'était pas (pour recommencer) ce que l'on avait escompté.
Quelle allait être la valeur du calme longtemps attendu,
Longuement espéré, la sérénité automnale
Et la sagesse de l'âge ? Nous avaient-ils leurrés
Ou s'étaient-ils leurrés eux-mêmes, les aînés à la voix tranquille ?
Nous avaient-ils légué simplement une recette de duperie ?
La sérénité n'était-elle qu'hébétude délibérée,
La sagesse que la connaissance de secrets morts
Inutiles dans la ténèbre où ils plongeaient
Ou dont ils détournaient les yeux ? Il n'y a, à ce qu'il nous semble,
Au mieux, qu'une valeur limitée
Dans le savoir dérivant de l'expérience.
Le savoir impose un motif, et falsifie.
Car le motif se renouvelle à chaque moment
Chaque moment est une neuve et bouleversante
Évaluation de tout ce que nous fûmes. Nous sommes seulement
détrompés
De tout ce qui, en nous trompant, ne pourrait plus nous nuire.
Étant à mi-chemin, pas seulement à mi-chemin,
Tout le long du chemin, dans un bois noir, dans la ronceraie,
Sur le bord d'un bourbier où le pied ne peut s'assurer
Menacés par des monstres, des lueurs fantastiques,
Risquant l'ensorcellement. Que je n'entende pas parler
De la sagesse des vieillards, mais bien plutôt de leur folie,
De leur crainte de la crainte et de la frénésie, de leur crainte
d'être possédés,
D'appartenir à un autre, à d'autres, à Dieu.
La seule sagesse que nous puissions espérer acquérir
Est la sagesse de l'humilité; car l'humilité est sans bornes.
Les maisons s'en sont allées toutes sous la mer.
Les danseurs s'en sont tous allés sous la colline."
(T.S. Eliot, Quatre Quatuors - East Coker)
vendredi 31 mars 2006
"Je suis ici, ou là, ou bien ailleurs"
I
"En mon commencement est ma fin. Successivement
Les maisons s'élèvent et croulent, sont agrandies,
Déplacées, détruites, restaurées, ou bien à leur place
S'étend un champ ouvert, une usine ou une autostrade..
La vieille pierre se mue en bâtiments neufs, le vieux bois en feux
nouveaux,
Les vieux feux en cendres, et les cendres en terre,
Laquelle est déjà chair, fourrure et fèces,
Ossements d'homme et de bête, tuyaux de céréale et feuilles.
Les maisons vivent et meurent : il y a un temps pour bâtir
Et un temps pour vivre et pour engendrer
Un temps pour que le vent brise la vitre disjointe
Et secoure le lambris où trotte la musaraigne
Et secoure la tenture en loques tissée d'une devise silencieuse.
En mon commencement est ma fin. Voici que la lumière tombe
Sur le champ ouvert, délaissant le chemin creux
Clos de branchages, obscur l'après-midi,
Où l'on se presse contre un talus pour laisser passer un camion,
Et le chemin creux d'insister sur la direction
Du village, dans la chaleur électrique
Hypnotisé. Dans la brume chaude la lumière oppressante
Est absorbée, non réfractée par la pierre grise
Les dahlias dorment dans le silence vide.
Attendez la chouette précoce.
Dans ce chamnp ouvert
Si l'on ne vient pas trop près, si l'on ne vient pas trop près,
Par un minuit d'été l'on peut entendre la musique
Du pipeau grêle et du petit tambour
Et voir danser autour du feu de joie :
L'associement de l'homme et de la femme
En la dance signifiant mariage
Lequel est sacrement digne et commodieux.
Deux par deux vont, conjonction nécessaire,
L'un l'autre se tenant par la main ou le bras
En gage de concorde. Tournant, tournant autour du feu
Bondissant à travers la flamme ou bien encore nouant des rondes,
Avec solennité rustique ou rustique joyeuseté
Levant des pieds pesants dans leurs lours brodequins,
Pieds de terre, pieds de glaise levés en liesse campagnarde
La liesse de ceux qui sont depuis longtemps sous terre
Et nourrissant le blé. Battant la mesure,
Battant le rythme dans leur danse
Ainsi que leur vie dans les saisons vivantes
Le temps des saisons et des constellations
Le temps de la traite et le temps des moissons
Le temps de l'accouplement de l'homme et de la femme
Et de celui des bêtes. Pieds qui se lèvent, pieds qui retombent.
Manger et boire. Fiente et mort.
L'aube point, et un nouveau jour
S'apprête à la chaleur et au silence. Le vent de l'aube
Ondule et glisse sur la mer. Je suis ici
Ou là, ou bien ailleurs. En mon commencement."
(T.S. Eliot, Quatre Quatuors - East Coker)
"En mon commencement est ma fin. Successivement
Les maisons s'élèvent et croulent, sont agrandies,
Déplacées, détruites, restaurées, ou bien à leur place
S'étend un champ ouvert, une usine ou une autostrade..
La vieille pierre se mue en bâtiments neufs, le vieux bois en feux
nouveaux,
Les vieux feux en cendres, et les cendres en terre,
Laquelle est déjà chair, fourrure et fèces,
Ossements d'homme et de bête, tuyaux de céréale et feuilles.
Les maisons vivent et meurent : il y a un temps pour bâtir
Et un temps pour vivre et pour engendrer
Un temps pour que le vent brise la vitre disjointe
Et secoure le lambris où trotte la musaraigne
Et secoure la tenture en loques tissée d'une devise silencieuse.
En mon commencement est ma fin. Voici que la lumière tombe
Sur le champ ouvert, délaissant le chemin creux
Clos de branchages, obscur l'après-midi,
Où l'on se presse contre un talus pour laisser passer un camion,
Et le chemin creux d'insister sur la direction
Du village, dans la chaleur électrique
Hypnotisé. Dans la brume chaude la lumière oppressante
Est absorbée, non réfractée par la pierre grise
Les dahlias dorment dans le silence vide.
Attendez la chouette précoce.
Dans ce chamnp ouvert
Si l'on ne vient pas trop près, si l'on ne vient pas trop près,
Par un minuit d'été l'on peut entendre la musique
Du pipeau grêle et du petit tambour
Et voir danser autour du feu de joie :
L'associement de l'homme et de la femme
En la dance signifiant mariage
Lequel est sacrement digne et commodieux.
Deux par deux vont, conjonction nécessaire,
L'un l'autre se tenant par la main ou le bras
En gage de concorde. Tournant, tournant autour du feu
Bondissant à travers la flamme ou bien encore nouant des rondes,
Avec solennité rustique ou rustique joyeuseté
Levant des pieds pesants dans leurs lours brodequins,
Pieds de terre, pieds de glaise levés en liesse campagnarde
La liesse de ceux qui sont depuis longtemps sous terre
Et nourrissant le blé. Battant la mesure,
Battant le rythme dans leur danse
Ainsi que leur vie dans les saisons vivantes
Le temps des saisons et des constellations
Le temps de la traite et le temps des moissons
Le temps de l'accouplement de l'homme et de la femme
Et de celui des bêtes. Pieds qui se lèvent, pieds qui retombent.
Manger et boire. Fiente et mort.
L'aube point, et un nouveau jour
S'apprête à la chaleur et au silence. Le vent de l'aube
Ondule et glisse sur la mer. Je suis ici
Ou là, ou bien ailleurs. En mon commencement."
(T.S. Eliot, Quatre Quatuors - East Coker)
mardi 28 mars 2006
Un air de printemps
"Le printemps est la façon avec laquelle la nature crie, "Faisons la fête !""
(Robin Williams)
(Robin Williams)
samedi 25 mars 2006
Que faites-vous du temps qu'il vous reste ?
"C'est le genre d'homme qui peut tout faire, n'étant personne. C'est le genre d'homme qui a tout fait, des études, des travaux, des coups. Maintenant il dirige une usine. Mais diriger n'est pas le mot. Les milieux d'affaires sont comme tous les autres. C'est partout la même loi élémentaire, triviale. Partout la soif de gouverner, le goût d'anéantir. Il connaît cette loi, sans s'y soumettre. Il est comme un aimant qui attire à lui la limaille des intérêts, des bassesses nécessaires à chacun dans un emploi. Il voit, il passe. Il n'est jamais corrompu par ce qui l'approche. C'est l'orgueil qui mène. Un orgueil incommensurable, par lui seul défini. L'orgueil de ne jamais manquer à l'élégance de vivre, l'orgueil d'échapper à ce qui est. Il va dans le monde comme un géomètre. D'instinct il calcule les distances. D'emblée il connaît le centre et la périphérie. Arrive-t-il quelque part, il entend déjà les paroles qui seront prononcées. Ce qui se passera, il le voit, et aussi ce qui ne se passera pas. Il va partout. Il côtoie des notables, des hommes lourds, puissants. Il est admis à leur table, reçu dans leur parole. Il s'approche de ces gens au plus près, comme on se penche sur le vide, dans le risque de s'y perdre. Il passe là au plus près de la mort de son âme, de la fin d'une enfance. Il échappe au dernier instant, dans un fou rire, dans l'insolence. Il redevient à l'ultime seconde ce qu'il n'a pas cessé d'être : l'enfant insupportable, curieux de tout. Le renard insoucieux du gibier. Il fait demi-tour. Dans le rire il s'éloigne. Il y a si peu de vrais événements dans la vie. Le monde est trop étroit pour son ambition et Dieu n'existe pas : alors que faire du temps qui reste, de tout le temps ?"
(Christian Bobin, La folle allure)
(Christian Bobin, La folle allure)
mercredi 22 mars 2006
vendredi 17 mars 2006
Office with Windows for office with or without windows
COSTELLO CALLS TO BUY A COMPUTER FROM ABBOTT
ABBOTT: Super Duper computer store. Can I help you?
COSTELLO: Thanks. I'm setting up an office in my den and I'm thinking about buying a computer.
ABBOTT: Mac?
COSTELLO: No, the name's Lou.
ABBOTT: Your computer?
COSTELLO: I don't own a computer. I want to buy one.
ABBOTT: Mac?
COSTELLO: I told you, my name's Lou.
ABBOTT: What about Windows?
COSTELLO: Why? Will it get stuffy in here?
ABBOTT: Do you want a computer with Windows?
COSTELLO: I don't know. What will I see when I look at the windows?
ABBOTT: Wallpaper.
COSTELLO: Never mind the windows. I need a computer and software.
ABBOTT: Software for Windows?
COSTELLO: No. On the computer! I need something I can use to write proposals, track expenses and run my business. What do you have?
ABBOTT: Office.
COSTELLO: Yeah, for my office. Can you recommend anything?
ABBOTT: I just did.
COSTELLO: You just did what?
ABBOTT: Recommend something.
COSTELLO: You recommended something?
ABBOTT: Yes.
COSTELLO: For my office?
ABBOTT: Yes.
COSTELLO: OK, what did you recommend for my office?
ABBOTT: Office.
COSTELLO: Yes, for my office!
ABBOTT: I recommend Office with Windows.
COSTELLO: I already have an office with windows! OK, let's just say I'm
sitting at my computer and I want to type a proposal. What do I need?
ABBOTT: Word.
COSTELLO: What word?
ABBOTT: Word in Office.
COSTELLO: The only word in office is office.
ABBOTT: The Word in Office for Windows.
COSTELLO: Which word in office for windows?
ABBOTT: The Word you get when you click the blue "W".
COSTELLO: I'm going to click your blue "w" if you don't start with some straight answers. What about financial bookkeeping? You have anything I can track my money with?
ABBOTT: Money.
COSTELLO: That's right. What do you have?
ABBOTT: Money.
COSTELLO: I need money to track my money?
ABBOTT: It comes bundled with your computer.
COSTELLO: What's bundled with my computer?
ABBOTT: Money.
COSTELLO: Money comes with my computer?
ABBOTT: Yes. No extra charge.
COSTELLO: I get a bundle of money with my computer? How much?
ABBOTT: One copy.
COSTELLO: Isn't it illegal to copy money?
ABBOTT: Microsoft gave us a license to copy Money.
COSTELLO: They can give you a license to copy money?
ABBOTT: Why not? THEY OWN IT!
(A few days later)
ABBOTT: Super Duper computer store. Can I help you?
COSTELLO: How do I turn my computer off?
ABBOTT: Click on "START"............."
(Merci I.!)
ABBOTT: Super Duper computer store. Can I help you?
COSTELLO: Thanks. I'm setting up an office in my den and I'm thinking about buying a computer.
ABBOTT: Mac?
COSTELLO: No, the name's Lou.
ABBOTT: Your computer?
COSTELLO: I don't own a computer. I want to buy one.
ABBOTT: Mac?
COSTELLO: I told you, my name's Lou.
ABBOTT: What about Windows?
COSTELLO: Why? Will it get stuffy in here?
ABBOTT: Do you want a computer with Windows?
COSTELLO: I don't know. What will I see when I look at the windows?
ABBOTT: Wallpaper.
COSTELLO: Never mind the windows. I need a computer and software.
ABBOTT: Software for Windows?
COSTELLO: No. On the computer! I need something I can use to write proposals, track expenses and run my business. What do you have?
ABBOTT: Office.
COSTELLO: Yeah, for my office. Can you recommend anything?
ABBOTT: I just did.
COSTELLO: You just did what?
ABBOTT: Recommend something.
COSTELLO: You recommended something?
ABBOTT: Yes.
COSTELLO: For my office?
ABBOTT: Yes.
COSTELLO: OK, what did you recommend for my office?
ABBOTT: Office.
COSTELLO: Yes, for my office!
ABBOTT: I recommend Office with Windows.
COSTELLO: I already have an office with windows! OK, let's just say I'm
sitting at my computer and I want to type a proposal. What do I need?
ABBOTT: Word.
COSTELLO: What word?
ABBOTT: Word in Office.
COSTELLO: The only word in office is office.
ABBOTT: The Word in Office for Windows.
COSTELLO: Which word in office for windows?
ABBOTT: The Word you get when you click the blue "W".
COSTELLO: I'm going to click your blue "w" if you don't start with some straight answers. What about financial bookkeeping? You have anything I can track my money with?
ABBOTT: Money.
COSTELLO: That's right. What do you have?
ABBOTT: Money.
COSTELLO: I need money to track my money?
ABBOTT: It comes bundled with your computer.
COSTELLO: What's bundled with my computer?
ABBOTT: Money.
COSTELLO: Money comes with my computer?
ABBOTT: Yes. No extra charge.
COSTELLO: I get a bundle of money with my computer? How much?
ABBOTT: One copy.
COSTELLO: Isn't it illegal to copy money?
ABBOTT: Microsoft gave us a license to copy Money.
COSTELLO: They can give you a license to copy money?
ABBOTT: Why not? THEY OWN IT!
(A few days later)
ABBOTT: Super Duper computer store. Can I help you?
COSTELLO: How do I turn my computer off?
ABBOTT: Click on "START"............."
(Merci I.!)
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