samedi 16 février 2008

"À chaque seconde, regarde la fin du monde."

(Christian Bobin, La dame blanche)

vendredi 15 février 2008

Musique africaine

"On a passé les trois jours enfermés dans la maison, sous les balles. Il y avait tellement de tirs, c'était comme un tremblement de terre. Mais on a l'habitude. C'est ça, la musique tchadienne", tente de s'amuser un homme. Ramassant sur le sol une douille de mitrailleuse de calibre 14,5 épaisse comme une carotte, il commente rêveusement : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme."

(Jean-Philippe Rémy, Le Monde, jeudi 7 février 2008)

dimanche 10 février 2008

Heureux dilemme

"Si je devais choisir entre la poésie et le vin, je ne sais pas ce que je ferais."

(Amartya Sen, Prix Nobel d'économie)

samedi 9 février 2008

"Certaines personnes sont si ardemment présentes à elles-mêmes que, devant elles, on se découvre douloureusement une âme."

(Christian Bobin, La dame blanche)

vendredi 8 février 2008

Emmurés

"Il y a des murs qui ne servent à rien, des murs stupides, des murs qui font mal, des murs de la honte et, parfois, des murs nécessaires. Car un mur peut servir provisoirement de garrot, de pansement. Un mur peut soigner et même guérir. Un mur peut aussi mourir, devenir guenille. Ou objet sacré, relique. Le mur de Berlin a ainsi été débité, vendu aux enchères par petits morceaux que l'on retrouve aujourd'hui dans les musées. Le mur qui coupe Chypre en deux - grec au sud, turc au nord - se survit encore et toujours, plié, froissé, tordu dans l'entremêlement des maisons de Nicosie. Qu'est-ce donc qu'un mur? Qui en est véritablement prisonnier? Dans quel camp se trouve la liberté? De l'autre côté du mur? Ce serait trop facile. Les murs emmurent côté pile et côté face."

(Société Laurent Greilsamer, "De l'autre côté du mur", Le Monde, mardi 29 janvier 2008, p.2)

jeudi 7 février 2008

Traumatismes

"On parle des traumatismes de l'enfance, indélébiles. Mais que dire des chocs de l'âge adulte, qui vous fauchent en plein vol, en pleine puissance? Ils sont fatals. Ils laissent peu de chance de s'en remettre, car ils s'abattent sur des êtres conscients, formés, capables de mesurer l'impasse, de la contempler avec dégoût. Avec stupeur."

(Macha Meril, Un jour, je suis morte)

vendredi 1 février 2008

Lieu de villégiature

"Je choisirai un endroit où il y a la mer. Ou un océan, ou un fleuve. De l'eau, quoi. C'est une certitude. J'ai cette obsession de l'eau, elle ne me quitte pas. J'ignore d'où elle vient. De l'enfance, peut-être. L'eau ne m'a jamais fait peur, même si elle sait être dangereuse. Au contraire, elle m'apaise. Elle me rassure. Tout finira auprès d'elle."

(Philippe Bession, Se résoudre aux adieux)