"Est lourd ce qui fixe, immobilise et sédentarise. Ce qui demande des comptes, exige droit de regard, soumet à la pression d'un vouloir tiers. Ce qui donne aux pulsions de mort un pouvoir exorbitant dans l'intersubjectivité. Ce qui s'immisce, s'insinue entre les deux et installe en force interstitielle un ferment de décomposition, une puissance abrasive et corrosive. Ce qui plombe les ailes d'Éros et entend jeter au sol le capital aérien et premier de toute histoire amoureuse. Ce qui fait surgir des demandes d'explication, des propositions de justification, des invites de promesses, des fantasmagories régressives et infantiles dans le moment même du présent pur. Ce qui laisse les pleins pouvoir à la haine de soir. Ce qui hypothèque l'avenir et veut la clôture. Ce qui veut l'éternité quand doit triompher l'instant. Ce qui s'installe."
(Michel Onfray)
vendredi 20 juin 2008
vendredi 13 juin 2008
Écrivains authentiques
"Pourquoi écrit-on? Quelle furie pousse habituellement à se passionner pour la confection d'un livre? Quelle étrange force condamne l'auteur à ajouter des volumes aux volumes dans le dessein de faire une oeuvre? Furie, force? Certes, car il me semble que les écrivains authentiques trempent leur plume dans le sang, qu'ils écrivent avec leur lymphe et que leur chair mélangée à leur âme est l'athanor dans lequel se confectionnent les visions du monde, les sensibilités et les mots pour les dire. Pas de livres sans ce prix: des blessures, une sensibilité d'écorché, une hyperesthésie, des comptes à régler avec les fantômes de l'enfance."
(Michel Onfray, Le désir d'être un volcan)
(Michel Onfray, Le désir d'être un volcan)
jeudi 12 juin 2008
mercredi 11 juin 2008
Journal d'un(e) hédoniste
"Ce qui donne du goût à la vie est dans ce livre: l'amitié et la lecture, la musique et les beaux-arts, la littérature et les voyages, la conversation et la gastronomie, l'écriture et le corps, la poésie et la philosophie, l'enfance et le silence, l'admiration et la colère, les livres et les chats, la mémoire et la mort."
(Michel Onfray, Le désir d'être un volcan)
(Michel Onfray, Le désir d'être un volcan)
mardi 27 mai 2008
Individualité rebelle
"Je ne crois qu'à ce qui est rare : les grands esprits, les grands caractères, les grands hommes. Qu'importe le reste ! Le plus grand éloge qu'on puisse faire d'un diamant, c'est de l'appeler un solitaire."
(Barbey)
(Barbey)
samedi 17 mai 2008
Jeu brûlant
"Tes lettres au compte-gouttes.
Ma boulimie de mots.
Et toi qui ne dis toujours rien.
Sauf quelques phrases passagères.
Ton silence qui sonne faux.
Mon je qui hurle.
Ton jeu qui brûle."
(Adriana Lebbos, Philosofille)
Ma boulimie de mots.
Et toi qui ne dis toujours rien.
Sauf quelques phrases passagères.
Ton silence qui sonne faux.
Mon je qui hurle.
Ton jeu qui brûle."
(Adriana Lebbos, Philosofille)
vendredi 16 mai 2008
La condition inhumaine
"Si tu es en société, évite de dire que tu es content. Sois-le si tu veux mais clandestinement. Tache d'effacer la touche de couleur dans tes yeux marrons, ton sourire rose souriant bête et béat offense la condition inhumaine qui baigne dans une morose grisaille ambiante. Tu souris... tu oses sourire?...alors non vraiment, un faux-pas pareil, ça ne se fait pas. Si tu n'affiches pas un rictus effrayant autour de tes lèvres, on pourrait t'arrêter pour excès de superficialité, abus de prétention, positivié, nonchalance, égoïsme, égotisme, égocentrisme... de lourdes charges pèseraient alors contre toi. Avec ta bonne humeur tu deviens dangereux pour la tranquilité de la communauté. Les normes sociales (asociales) pour y être admis, simple! Rouspéter, faire la gueule, prétendre que rien ne va, "je suis stressée", déprimer (ou faire semblant). Politically correct, ça!"
(Adriana Lebbos, Philosofille)
(Adriana Lebbos, Philosofille)
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