jeudi 14 octobre 2010

Hyperdivertissement pascalien

"Et si, sous prétexte que nous sommes débordés, ça nous arrangeait de ne pas vouloir réfléchir? Et si nous avions façonné cette société vibrionnaire parce qu'elle correspondait à une tentative humaine profonde: un hyperdivertissement pascalien qui nous empêcherait de percevoir la fuite du temps?"

(Jean-Louis Servan-Schreiber, Le Nouvel Art du temps)

mardi 12 octobre 2010

Sublimation

"Dans certains jardins orientaux, il n'y a plus que des espaces, des allées, des graviers ratisses. Plus une plante, plus un arbre. On s'est débarrasse de tout pour que seul règne l'ordre."

(Marie Rouanet, Tout jardin est Eden)

mercredi 23 juin 2010

"Il n'y a que dans une banque, une église ou une bibliothèque qu'on trouve cette qualité de silence. Les hommes ne se taisent que devant l'Argent, Dieu et le Savoir - la grande roue qui les écrase."

(Dany Laferrière, L'énigme du retour)

mardi 22 juin 2010

Addict

"Je recommence à écrire comme d'autres recommencent à fumer. Sans oser le dire à personne. Avec cette impression de faire une chose qui n'est pas bonne pour moi mais à laquelle il m'est impossible de résister plus longtemps."

(Dany Laferrière, L'énigme du retour)
"Ce que vous voudrez avoir fait à l'heure de la mort, faites-le maintenant."

(Inscription sur l'aile ouest du couvent des Ursulines à Québec)

jeudi 11 février 2010

Les meubles

"Un jour, j'ai rencontré un rabbin qui vivait dans une toute petite chambre avec seulement une table et une chaise. Je lui ai demandé: "Mais, rabbin, où sont vos meubles?"
Il me répondit: "Et vous, où sont les vôtres?
- Moi? Mais je ne fais que passer...
-Eh bien, moi aussi, répondit le rabbin. Je ne fais que passer."

(Stuart Wild, Les lois de l'esprit cité dans Dominique Loreau, L'art de l'essentiel)

dimanche 7 février 2010

Passer pour ne pas trépasser

"On passait au lecteur de DVD, à l'appareil photo numérique, au baladeur MP3, à l'ADSL, à l'écran plat, on n'arrêtait pas de passer. Ne plus passer, c'était accepter de vieillir."

(Annie Ernaux, Les années)