mercredi 9 octobre 2013
Voyage, voyage
"Le vrai voyage, ce n'est pas de chercher de nouveaux paysages mais un nouveau regard."
(Marcel Proust)
lundi 17 juin 2013
Loi de Mooers
"Un utilisateur a tendance à ne pas utiliser un système d’information lorsqu’il lui apparaît qu’il est plus pénible d’obtenir l’information grâce à ce système que de ne pas l’avoir en ne l’utilisant pas".
(Calvin Mooers, 1959)
mercredi 28 novembre 2012
La culture de la célébrité et de la connectivité
"La caméra a créé une culture de la célébrité, et l'ordinateur est en train de créer une culture de la connectivité. La convergence de ces deux technologies (l'internet à haut débit qui a permis au web de passer du texte à la vidéo, les réseaux sociaux qui ont étendu la portée de la connectivité) révèle leur utilité commune: tant la célébrité que la connectivité permettent d'être connu. Voilà ce que veut l'individu d'aujourd'hui: être reconnu, relié aux autres, bref, être vu, si ce n'est par les millions de téléspectateurs de Survivor ou d'Ophrah, du moins par ses centaines d'amis Facebook ou d'abonnés Twitter. Être vu par autrui lui prouve sa valeur, lui permet de se sentir réel. La grande terreur contemporaine, c'est l'anonymat. Si, comme l'écrivait le critique littéraire Lionel Trilling, l'individu romantique aspirait à la sincérité et le moderne à l'authenticité, le plus grand souci du soi postmoderne est la visibilité."
(William Deresiewicz, "The End of Solitude", The Chronicle of Higher Education, vol.55, no21, 30 janvier 2009, p.B6 cité dans Chris Hedges, L'empire de l'illusion: la mort de la culture et le triomphe du spectacle).
vendredi 14 septembre 2012
Tout se mettra à exister en raison de la présence de son contraire
"C'est le plat qui fait le relief. Que serait la montagne si elle n'avait la plaine pour lui donner du relief et de la personnalité? Cela est un immense problème, une question fascinante. Tout se mettra à exister en raison de la présence de son contraire. La terre est d'autant plus ferme que l'océan est liquide. Le froid est d'autant plus coupant que le vent pourrait être si doux. Et la montagne est d'autant plus visible quand elle se découpe sur fond de plaine. C'est la magie de la platitude que de toujours promettre son contraire. Qui s'installe dans la tranquillité de son ennui et l'accepte volontiers comme un état souhaitable se place dans l'enviable position d'avoir à jouir de tout. Le moindre sera remarqué. Cela s'appelle l'essentiel. Celui ou celle qui cultive l'essentiel verra qu'il est plus facile de s'émouvoir quand notre sensibilité est entraînée dans le sens du plat de la routine. De la visite rare est toujours plus précieuse qu'un va-et-vient continu de fêtards. Le moindre petit détail est apprécié à sa juste valeur, nul ne manque rien de rien quand le rien est son pain quotidien."
(Serge Bouchard, C'était au temps des mammouths laineux)
jeudi 13 septembre 2012
La platitude de l'un sera l'émerveillement de l'autre
"Même à Venise, le défi du quotidien se pose et cela existe, un Vénitien au fil des jours ou un Romain qui meurt d'ennui. Cela existe aussi, un Parisien qui trouve le temps de Paris trop gris, la ville trop animée, le métro trop odorant, et ainsi de suite. Le Vénitien partira en Chine, le Parisien à l'autre bout du monde, pour fuir la platitude d'un lieu ou d'autres viendront pour se changer les idées. Où l'on voit que la platitude de l'un sera l'émerveillement de l'autre. Tout est relatif à ce que l'on fuit. Ce que nous ne voyons plus, ce que nous ne voyons pas, ne peut nous émouvoir. La platitude, nous la fuyons comme si la fuite était possible. Alors qu'il est clair que la fuite est impossible. Ce qu'il nous est possible de conserver, de cultiver, c'est notre sens de l'émerveillement. Alors, le goût de fuir s'estompe, quand tout nous émeut dans l'apparente insignifiance des choses. Je regarde passer les avions, les camions, les autobus, les bateaux, je regarde pousser les arbres, voler les oiseaux, je regarde les nuages, les gens, les moindres animaux, même le loup commun. Pas besoin d'un panda dans ma mire pour faire ma journée. Pas besoin de Capri pour mourir. Je ne viendrai jamais à bout d'épuiser la richesse des merveilles de ma propre cour."
(Serge Bouchard, C'était au temps des mammouths laineux)
mercredi 12 septembre 2012
Pour mes vieux jours
"Je me tords de rire quand on me propose d'être actif et dynamique à quatre-vingts ans, en train de dépenser un fonds de pension qui me permet d'aller à Venise au printemps, au Costa Rica en hiver, je rigole quand on me propose une vieillesse à jouer au golf, à faire du trampoline ou de la plongée sous-marine. Pour mes vieux jours, je ne veux pas de ce charabia: je veux naturellement une berçante, la maudite paix et une loupe pour lire. Je veux que mes proches me protègent, me respectent et viennent me voir le moins souvent possible. Je veux la chance de la santé qui décline lentement, sans à-coups. Je veux jusqu'au bout conserver le sens de l'humour et garder le sourire pendant le naufrage. Il n'est rien comme le sourire du fusillé pour laisser un doute profond dans l'esprit de peloton d'exécution."
(Serge Bouchard, C'était au temps des mammouths laineux)
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