"Les parois cèdent
Tous les barrages cèdent
L'amour envahit tout."
(Christiane Singer, Derniers fragments d'un long voyage)
vendredi 19 décembre 2008
jeudi 18 décembre 2008
"L'homme libre...
... ne pense à aucune chose moins qu'à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort, mais de la vie."
(Spinoza)
(Spinoza)
vendredi 12 décembre 2008
Le lièvre et la tortue
Marie-Anne, Andrea, Antoine, Isabel, Maria-José, Manon, Ian et tous les autres... Au plaisir de vous revoir dans 3 ans ou même avant !
Retenons-donc cette fable de La Fontaine :
"Rien ne sert de courir ; il faut partir à point :
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
« Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. — Sitôt ? Etes-vous sage ?
Repartit l'animal léger :
Ma commère, il faut vous purger
Avec quatre grains d'ellébore.
— Sage ou non, je parie encore. »
Ainsi fut fait ; et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lièvre n'avait que quatre pas à faire.
J'entends de ceux qu'il fait lorsque, prêt d'être atteint,
Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir et pour écouter
D'où vient le vent, il laissa la Tortue
Aller son train de sénateur.
Elle part, elle s'évertue,
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire.
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. A la fin, quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
« Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?"
(JEAN DE LA FONTAINE)
Retenons-donc cette fable de La Fontaine :
"Rien ne sert de courir ; il faut partir à point :
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
« Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. — Sitôt ? Etes-vous sage ?
Repartit l'animal léger :
Ma commère, il faut vous purger
Avec quatre grains d'ellébore.
— Sage ou non, je parie encore. »
Ainsi fut fait ; et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lièvre n'avait que quatre pas à faire.
J'entends de ceux qu'il fait lorsque, prêt d'être atteint,
Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir et pour écouter
D'où vient le vent, il laissa la Tortue
Aller son train de sénateur.
Elle part, elle s'évertue,
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire.
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. A la fin, quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
« Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?"
(JEAN DE LA FONTAINE)
mercredi 10 décembre 2008
A Toulouse, la vie est rose
"Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin
Parfois au fond de moi se raniment
L'eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes
O mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse
Je reprends l'avenue vers l'école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes, tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne
O mon païs, ô Toulouse
Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillone jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu'on se traite
Il y a de l'orage dans l'air et pourtant
L'église St-Sernin illumine le soir
D'une fleur de corail que le soleil arrose
Une fleur de corail que le soleil arrose
C'est peut-être pour ça malgré ton rouge et noir
C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose
Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz
Est-ce l'Espagne en toi qui pousse un peu sa corne
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?
Voici le Capitole, j'y arrête mes pas
Les tenors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses
J'entends encore l'écho de la voix de papa
C'était en ce temps-là mon seul chanteur de blues
Aujourd'hui, tes buildings grimpent haut
A Blagnac, tes avions sont plus beaux
Si l'un me ramène sur cette ville
Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles
O mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse"
(Claude Nougaro, Toulouse)
mardi 9 décembre 2008
Pèlerins modernes
"Le congrès de l'ère moderne ressemble au pèlerinage des chrétiens du Moyen Âge dans la mesure où il permet à ses participants de se livrer à tous les plaisirs et à tous les divertissements inhérents au voyage sans qu'ils aient à se départir de cet air austère qui sied à toute recherche pour mieux se connaître. Reste bien sûr que certains exercices pénitentiels doivent être accomplis : faire une communication, peut-être, et naturellement écouter celle des autres. Mais, grâce à cet alibi, vous visitez des lieux nouveaux et intéressants, vous rencontrez des gens nouveaux et intéressants, et créez avec eux des relations nouvelles et intéressantes; vous échangez ragots et confidences (car vos histoires éculées sont neuves pour eux, et vice versa); vous mangez, buvez et vous divertissez en leur compagnie chaque soir; et pourtant, quant tout est fini et que vous rentrez chez vous, votre sérieux intellectuel ne s'en trouve qu'accru. Les congressistes d'aujourd'hui ont un avantage supplémentaire sur les pèlerins d'autrefois : leurs frais sont généralement payés, ou en tout cas couverts en partie grâce à des subventions versées par l'institution à laquelle ils appartiennent, qu'il s'agisse d'un département ministériel, d'une firme commerciale, ou, plus communément peut-être, d'une université."
(David Lodge, Un tout petit monde)
(David Lodge, Un tout petit monde)
vendredi 5 décembre 2008
Mouvement
"Aucun lien ne demeure immobile, pas même celui que nous nouons avec les morts."
(Christian Bobin, La dame blanche)
(Christian Bobin, La dame blanche)
mercredi 3 décembre 2008
Overdose de démocratie
"Comme vous avez pu le constater, 2008 a été l’année de la démocratie. Nous combattons en Afghanistan pour y imposer notre démocratie, nous critiquons la Chine pour son manque de démocratie et nous envions subitement les États-Unis, où l’élection d’Obama a donné un nouveau souffle à la démocratie… Pendant ce temps, ici, chaque élection est accueillie comme 6 pieds de neige sur le toit d’un gymnase au mois de mars. Du rêve américain au cauchemar canadien, on fait une overdose de démocratie."
(Les Zapartistes)
(Les Zapartistes)
Inscription à :
Articles (Atom)