mardi 28 octobre 2008

Des chiffres et des lettres

1 x 2 = 2, 2 x 2 = 4, 3 x 2 = 6, 4 x 2 = 8, 5 x 2 = 10...
Qu'est-ce qui vient après 5 ?
Compter pour ne pas pleurer

A...B...C...D...E...F...G...H...I...J...
VI ? Vincent ?
Réciter pour communiquer

A la fois si simple et si dur...

mardi 21 octobre 2008

Si

Si seulement il était permis à nos rêves de devenir réalité...

Dans un de mes rêves, il suffirait de ne plus prononcer ni penser les termes haïs pour que les concepts associés disparaissent.

Il suffirait de ne plus prononcer ni penser le mot "guerre", pour que se taisent l'horrible crachat des fusils, mais aussi nos superficielles frustrations et nos misérables rancoeurs bien malheureusement accumulées.

Il suffirait de ne plus prononcer ni penser le mot "famine" pour que tous les petits de l'Homme soient, sans exception, à jamais rassasiés, désaltérés, éduqués et aimés.

Il suffirait de ne plus prononcer ni penser le mot "catastrophe naturelle" pour que s'apaisent pour toujours la bouleversante colère et les grondements immodérés de Mère-Nature en conséquence de nos immodérations.

Enfin,
il suffirait de ne plus prononcer ni penser le mot "tétraplégique" pour que soient indéfiniement conservées Ta joie et Ta dignité à l'automne de Ta vie, la plus belle et colorée des saisons.


Si et si seulement
On pouvait comme cet arbre partiellement déraciné demeurer malgré tout miraculeusement et merveilleusement vivants
tout en s'accrochant désespéremment
à cet érodé petit bout de terre qui demeure encore atteignable
avant l'inévitable
effondrement

"Un sain" homme ou un "Insane" ?

"Écrire un roman, c'est comme une pulsion. Ce n'est pas un passe-temps, ça frôle l'obsession. Pour être écrivain, il ne faut pas être trop sain d'esprit."


(Vincent Grégoire, propos recueillis par Lisa-Marie Gervais, "Une vie comme un roman", Forum, Semaine du 13 octobre 2008, p.3)

dimanche 19 octobre 2008

Bas les masques


"Vous n'avez pas besoin de quitter la chambre. Restez assis à votre table et écoutez. N'écoutez même pas, attendez, simplement. N'attendez même pas, restez bien tranquille et solitaire. Le monde s'offrira librement à vous sans masque. Il n'y a pas d'autre choix."

(Franz Kafka)

vendredi 3 octobre 2008

"La raison en effet n'est pas tout. Peut-être la seule vraie pensée est-elle poétique. Qui sait si nous ne commettons pas une grave erreur en condamnant cette poésie, en la banissant si rapidement de nos existences ?"

(Jean-François Beauchemin, Ceci est mon corps)

lundi 29 septembre 2008

Témoignage d'un art-triste

"Il n'est pas demandé à tout le monde d'être un artiste, mais aux artistes il est demandé de ne pas être comme tout le monde. (...) Ce qu'il nous faut faire entendre aujourd'hui, c'est notre différence. Notre différence dans notre manière de vouloir à tout pris être préoccupés par la beauté tout au long du jour. Il nous faut faire entendre notre poésie, notre sens de l'élégance; car nous sommes doués pour l'élégance et c'est pour cela que nous sommes détestés, nous sommes doués pour la poésie et c'est pour cela que nous sommes moqués, nous sommes doués pour la parole et c'est pour cela que nous sommes haïs. (...)


Soyons plus grands que ceux qui gagneront, en prouvant à notre tour qu'il existe une façon de gagner qui consiste à perdre. Manifestons non pas contre des coupures mais manifestons notre existence; manifestons-la, faisons-la entendre, sage et sauvage, en étant totalement nous-mêmes dans nous oeuvres, dans notre manière de contester, en ne parlant pas seulement de coupures mais en réfléchissant sur ce que cela signifie. Faisons voir l'insupportable, c'est-à-dire faisons voir une manière différente de vivre, en disant simplement qui nous sommes et ce que nous faisons. Pour ma part, je m'appelle Wajdi Mouawad, je suis auteur et metteur en scène et je suis un artiste."

(Wajdi Mouawad, "Faire entendre notre voix", Le Devoir, vendredi 26 septembre 2008, p.A8).

samedi 13 septembre 2008

De multiples modèles d'humanité

"J'ai foulé chacune des pierres jonchant le sol de ce pays. J'ai ressenti à intervalles réguliers le besoin de m'en éloigner, peut-être afin de me rapprocher de moi-même. Je ne sais pas si je suis parvenu à cette intimité avec un être qu'on dirait fugitif et qui me fuit sans cesse. Mes voyages ne m'ont jamais révélé l'exacte profondeur de cette sorte de puits auquel je me compare volontiers. Mais j'ai aimé quitter les créatures et les objets familiers, m'écarter un moment de leur contact facile pour m'exposer à d'autres usages et à d'autres bruits, à d'autres modèles d'humanité.


Rien ne fut plus propice, sinon à une connaissance meilleure de moi-même, du moins à un essor plus grand des intuitions, des impressions et des sentiments qui me réglaient. Cela me pousse parfois à vivre déraisonnablement. Mais rien n'est si logique dans l'homme, et ce sont peut-être ses aveuglements qui, à la longue, le font un peu clairvoyant."



(Jean-François Beauchemin, Ceci est mon corps)